Avoir 20 ans

"Je souhaite tous les bienfaits de la culture à notre pays"


par Hélène Morlet |  24 novembre 2014

Nidal sur les collines de Naplouse qu'il affectionne tant ©D.R.

Nidal a 23 ans, il est né à Naplouse, en Palestine, et y habite toujours. Professeur de musique auprès d’enfants, il est aussi joueur d’oud, ce qui lui a permis de faire des concerts à l’étranger. Il souhaite pouvoir dynamiser la culture en Palestine, afin que tous ses bienfaits rejaillissent sur les Palestiniens.


Nidal a 23 ans, il est né à Naplouse, en Palestine, et y habite toujours. Professeur de musique auprès d’enfants, il est aussi joueur d’oud, ce qui lui a permis de faire des concerts à l’étranger. Il souhaite pouvoir dynamiser la culture en Palestine, afin que tous ses bienfaits rejaillissent sur les Palestiniens.

Nidal, quels sont tes hobbies ? Comment occupes-tu ton temps libre ?

Je suis musicien donc je passe l’essentiel de mon temps libre à chanter, danser et jouer de l’oud. C’est un instrument traditionnel que j’ai commencé à apprendre il y a 7 ans. Maintenant je joue dans trois groupes. Grâce à cela j’ai eu l’opportunité de voyager, ce qui est une grande chance : tous les étés depuis quelques années je passe un mois dans un autre pays pour faire des concerts avec mon groupe. J’ai été en Italie, au Ghana, en France… Cela m’a vraiment permis d’ouvrir mes horizons. À cause de la difficulté de se déplacer ici, on a souvent l’impression d’être dans une prison à ciel ouvert.

J’aime aussi beaucoup me promener ou simplement jouer de la musique dans la nature. J’habite sur les collines qui entourent Naplouse, et j’ai donc toujours vécu dans la montagne. C’est là que je me ressource.

Qui sont tes amis ? Sont-ils similaires ou différents de toi ?

J’ai beaucoup d’amis, car lorsque l’on joue de l’oud, il est très facile de lier contact avec les gens. Quand je me promène dans la rue avec, les gens m’arrêtent souvent pour me demander de leur jouer quelque chose.

 La majorité de mes amis sont très différents de moi, principalement dans leur façon de penser. Avec mes amis palestiniens, nous avons grandi ensemble, nous sommes ici ensemble, et nous y sommes jusqu’à notre mort. Mais dernièrement la plupart d’entre eux ont changé, donc je les vois avec plaisir mais seulement quand je les croise. J’ai aussi des amis d’autres pays, que j’ai rencontrés lors de mes voyages à l’étranger. Il y a ceux que je croise et que je ne revois plus, et ceux que je revois d’une année sur l’autre. L’un de mes amis est danois, mais il pense comme un Palestinien. C’est incroyable !

Parmi les gens d’autres nationalités que je rencontre ici à Naplouse, comme les volontaires internationaux par exemple, je sais qu’il ne faut, en règle générale, pas leur faire confiance. Sauf ceux avec qui on travaille et que l’on voit vivre au quotidien, dans leurs relations de travail, etc. On peut être sympa, mais il ne faut pas trop s’impliquer. Si je dis cela, c’est parce que j’ai eu plusieurs mauvaises expériences. Il y a eu une fois un volontaire qui est resté 3 mois avec nous, avec qui nous nous étions liés d’amitié, qui nous soutenait dans notre quête de justice. Mais après être reparti, il s’est engagé dans l’armée israélienne, sur la base du volontariat. Alors qu’il avait vu les difficultés que nous rencontrons ici, il s’est engagé.

Après, je sais bien que tout le monde n’est pas comme ça. Nous avons une expression ici qui dit que « nos doigts ne sont pas tous pareils », ce qui veut dire qu’il ne faut pas faire de généralités ni enfermer les gens dans une case. Ce volontaire-là était juif, c’est pour ça qu’il s’est engagé dans l’armée. Mais je sais que la religion n’a rien à voir avec nos problèmes ici. Je n’ai pas de haine pour les jeunes israéliens, les juifs… Ils sont nés ici, tout comme nous sommes nés ici, alors que la situation était déjà ce qu’elle était. Notre génération n’a pas créé cette situation. Mais j’aimerais que nous puissions les accueillir comme des invités et non pas qu’ils viennent comme des colons.

T’intéresses-tu à l’actualité ? Y a-t-il un sujet qui te préoccupe particulièrement ?

Je ne suis pas particulièrement politisé. J’aime me renseigner pour savoir ce qu’il se passe ici au niveau de la politique ou de la guerre, mais pas dans le but d’en parler, simplement pour être au courant. Ce qui m’intéresse surtout c’est l’actualité culturelle, pas seulement en Palestine, mais dans le monde entier. Les films, la musique… Et j’aime aussi me tenir au courant de ce qui touche aux miracles de la nature, lorsque l’on voit ce que la Terre a de grandiose sans que l’homme n’agisse.

Parle nous des membres de ta famille, quelles sont tes relations avec eux ?

Je m’entends très bien avec ma famille. Je suis le 3ème sur 5 enfants, sachant que l’aîné est mort jeune, donc mes parents m’ont appelé comme lui en son honneur. Certains de mes oncles ont fait de la prison pour activisme politique, donc mon père s’est occupé de mes cousins et de mes tantes à ce moment-là. Il a construit un immeuble où nous habitons tous ensemble. J’ai donc grandi en étant très proche de toute ma famille.

Comme je suis le rigolo de la famille, j’ai de très bonnes relations avec tous.

Mes parents ont un grand cœur et l’esprit ouvert, donc cela ne les gêne pas que je voyage mais ils ont toujours peur pour moi.

As-tu une religion ? Quelle place prend-elle dans ta vie ?

Ma famille est musulmane, et très ouverte d’esprit. Pendant longtemps j’allais tous les jours prier à la mosquée, et maintenant je passe plus de temps à faire de la musique.

Maintenant, quels sont tes projets personnels et professionnels ?

Normalement je devrais bientôt partir enseigner la musique en Italie et en Pologne. Je vais y rester quelques années, ce qui me permettra d’apprendre beaucoup et d’avoir une certaine légitimité en revenant à Naplouse. J’aimerais ensuite devenir professeur à l’université. Mais mon rêve, mon projet à long terme, c’est de construire quelque chose autour de l’art et de la culture ici à Naplouse.

Que souhaites-tu au pays où tu vis ?

Encore plus de knafeh ! (le knafeh est une spécialité de Naplouse, une pâtisserie au fromage fondu, ndlr) Non, je plaisante. Je souhaite que nous puissions vivre en paix. Je souhaite que nous puissions voyager, nous déplacer plus facilement, sans avoir peur qu’il nous arrive quelque chose à nous ou à notre famille.

Et je souhaite aussi tous les bienfaits de la culture à notre pays. C’est vraiment quelque chose qui manque ici. Cela devrait nous aider à nous respecter nous-même, en tant que personnes comme en tant que peuple, pour pouvoir ensuite mieux respecter les autres.

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Fiche d’identité :

Nidal a 23 ans. Après avoir étudié le commerce, il s’est tourné vers la musique et l’enseigne aujourd’hui dans deux écoles de Naplouse, sa ville d’origine où il a toujours vécu. Il joue de l’oud dans trois groupes différents, et a fait plusieurs séries de concerts en Europe.

"Je suis volontaire pour aider les autres à apprendre la Bible"

Lulu, 23 ans, travaille deux jours par semaine comme masseuse. Pendant son temps libre elle aime partager la parole de Dieu avec les gens.

"Je souhaite qu'on aille de l'avant"

Haya est une arabe israélienne de Nazareth. Elle vient d’y rentrer après avoir étudié en Jordanie, et trouve qu’il est difficile de se réhabituer.

"Je ne me mêle pas de la politique"

Maria est une arabe chrétienne de Nazareth. Attentive aux autres, elle accueille les visiteurs à l’office de tourisme de la ville, et étudie pour devenir enseignante auprès d'enfants ayant des troubles mentaux ou comportementaux. Elle souhaite apporter son aide à tous, sans distinction.

"Je ne veux pas de fanatiques dans mon pays"

Jean* a 29 ans. Ingénieur civil de formation, il a vécu en Egypte avant de rentrer à Gaza il y a quatre ans. Comme il ne trouve pas d'emploi, il a peur d'oublier tout ce qu'il a appris.

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