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Nouvel appel du Pape, à Bari, pour la paix au Moyen-Orient


par Terrasanta.net |  10 juillet 2018

Vue d'ensemble du podium mis en place pour la prière oecuménique sur le front de mer de Bari.

De gauche à droite, le patriarche cuménique Bartholomée, le pape François et le patriarche copte Tawadros II.

François accueille les patriarches catholiques devant la basilique Saint-Nicolas

À Bari, le samedi 7 juillet, une autre étape sur le chemin de l’œcuménisme. A l'invitation du pape François, les chefs des Eglises du Moyen-Orient ont partagé prières et réflexions.


(G.S.) – Probablement que certains des nombreux fidèles qui se sont entassés  samedi matin derrière les barrières placées devant la basilique Saint Nicolas et la Rotonde du front de mer, en criant le nom du pape, ont été déçus.

Le Pape ne s'est pas donné au peuple des fidèles comme il le fait généreusement pendant ses voyages. À Bari, il ne voulait pas être le personnage principal d'une journée commune, conçue pour les plus hauts dignitaires des Eglises orientales se réunissent dans la prière, mais aussi autour d'une table ronde. Tous invités par le Pape de Rome à discuter de la situation actuelle des chrétiens dans la région du Moyen-Orient.

Au seuil de la basilique, le pape François a accueilli les délégations ayant accepté son invitation, puis tous se sont rendus dans la crypte pour y vénérer les reliques du saint évêque de Myre, qui vécut dans la Turquie d'aujourd'hui entre le troisième et le quatrième siècle.

Après ce temps, les ecclésiastiques à bord d'un bus blanc à demi-couvert, ont atteint le front de mer balayé par le vent pour la prière dont l’organisation fut confiée aux soins du diocèse de Bari. Des lectures, des prières, de brefs discours et chansons alternaient en différentes langues, illustrant ainsi le patrimoine liturgique de l'Orient chrétien. C'est là que le pape François a pris la parole publiquement une première fois. Dans son discours plutôt court, le Pape a résumé les intentions de la réunion : de Bari: « Nous contemplons l’horizon et la mer, et nous nous sentons poussés à vivre cette journée en ayant l’esprit et le cœur tournés vers le Moyen-Orient, carrefour de civilisations et berceau des grandes religions monothéistes ». Dans cette région splendide s’est condensée, particulièrement au cours des dernières années, une couche épaisse de ténèbres : guerre, violence et destruction, occupations et formes de fondamentalisme, migrations forcées et abandon, le tout dans le silence de beaucoup et avec la complicité de beaucoup. Le Moyen-Orient est devenu une terre de gens qui quittent leur propre terre. Et il y a le risque que la présence de nos frères et sœurs dans la foi soit effacée, défigurant le visage même de la région, parce qu’un Moyen-Orient sans chrétiens ne serait pas un Moyen-Orient. »

« Cette journée - a poursuivi Jorge Mario Bergoglio - commence par la prière, afin que la lumière divine dissipe les ténèbres du monde.  (...) Prions ensemble, afin d’invoquer le Seigneur du ciel pour cette paix que les puissants de la terre n’ont pas encore réussi à trouver. Du cours du Nil à la vallée du Jourdain et au-delà, en passant par l’Oronte jusqu’au Tigre et à l’Euphrate, que résonne le cri du psaume : « Paix sur toi ! » (122, 8).   

Pour les frères qui souffrent et pour les amis de chaque peuple et croyance, répétons : Paix sur toi ! Avec le psalmiste, implorons-la d’une manière particulière pour Jérusalem, ville sainte bien-aimée de Dieu et blessée par les hommes, sur laquelle le Seigneur pleure encore : Paix sur toi ! La paix : c’est le cri des nombreux Abel d’aujourd’hui qui monte vers le trône de Dieu. Pour eux, nous ne pouvons plus nous permettre, au Moyen-Orient comme partout ailleurs dans le monde, de dire : « Suis-je le gardien de mon frère ? » (Gn 4, 9). L’indifférence tue, et nous voulons être une voix qui lutte contre l’homicide de l’indifférence. Nous voulons donner voix à qui n’a pas de voix, à qui ne peut qu’avaler des larmes, parce que le Moyen-Orient pleure aujourd’hui, à qui souffre et se tait, tandis que d’autres le piétinent en quête de pouvoir et de richesses. »

À la fin de la réunion à huis clos, avant le déjeuner et le retour au Vatican, le Pape a de nouveau pris la parole en admettant, au nom de tous, « notre péché, l'incohérence entre la foi et la vie, qui obscurcit le témoignage. Nous sentons que nous devons nous convertir une fois de plus à l’Evangile, garantie d’une liberté authentique, et le faire de toute urgence maintenant, dans la nuit du Moyen-Orient à l’agonie. Comme dans la nuit d’angoisse de Gethsémani, ce ne sera pas la fuite (cf. Mt 26, 56) ou l’épée (Mt 26, 52) qui anticiperont l’aube radieuse de Pâques, mais le don de soi à l’imitation du Seigneur. La bonne nouvelle de Jésus, crucifié et ressuscité par amour, arrivée des pays du Moyen-Orient, a conquis le cœur de l’homme à travers les siècles parce qu’elle n’est pas liée aux puissances du monde, mais à la force désarmée de la croix ».

Mais la lecture de la réalité offerte par François, basée sur la sagesse de l'Évangile, sur la sagesse de la croix, a également réaffirmé les dénonciations prophétiques.

« Encouragés mutuellement, a reconnu le Souverain Pontife, nous avons dialogué fraternellement. Ce fut un signe qu’il faut toujours rechercher la rencontre et l’unité, sans craindre les différences. Et il en est de même de la paix : il faut la cultiver même dans les terres arides des affrontements, parce qu’aujourd’hui, malgré tout, il n’y a pas d’alternative possible à la paix. Ce ne sont pas les trêves garanties par des murs ni les épreuves de force qui apporteront la paix, mais une réelle volonté d’écoute et de dialogue. Nous nous engageons à marcher, prier et travailler, et nous supplions que l’art de la rencontre l’emporte sur les stratégies de confrontation, que l’ostentation de signes de pouvoir menaçants soit remplacé par le pouvoir de signes d’espérance : des hommes de bonne volonté et de fois différentes qui n’aient pas peur de se parler, d’accueillir les raisons des autres et de prendre soin les uns des autres. C’est seulement ainsi, en veillant à ce que le pain et le travail, la dignité et l’espérance ne manquent à personne, que les cris de guerre se transformeront en chants de paix. »

Puis le pape a dit "assez" à la guerre : « Non aux occupations de terres qui déchirent les peuples ! Non à la domination de vérités partisanes sur les espérances des peuples ! Non à l’utilisation du Moyen-Orient pour des profits étrangers au Moyen-Orient ! (...) La guerre est le fléau qui assaille tragiquement cette région bien-aimée. Avant tout les pauvres en sont les victimes. (...) La guerre est la fille du pouvoir et de la pauvreté. Elle est vaincue si l’on renonce à la logique de la suprématie et en éradiquant la pauvreté. De nombreux conflits ont également été fomentés par des formes de fondamentalisme et de fanatisme qui, déguisés en prétextes religieux, ont en réalité blasphémé le nom de Dieu, qui est la paix, et persécuté le frère qui a toujours vécu à côté. Mais la violence est toujours alimentée par des armes. On ne peut pas élever la voix pour parler de la paix alors qu’en secret, on poursuit des courses effrénées au réarmement. C’est une responsabilité très sérieuse qui pèse sur la conscience des nations, surtout les plus puissantes. »

Non aussi, « à la soif d’argent, qui n’a d’égard pour personne du moment qu’on accapare des gisements de gaz et de combustibles, sans retenue pour la maison commune et sans de faire de scrupules sur le fait que ce soit le marché de l’énergie qui dicte la loi de la coexistence entre peuples ! »

En conclusion, le Pape a réitéré ce que, depuis de nombreuses années, les chefs des Églises du Moyen-Orient ont demandé explicitement et de façon répétée aux politiciens et aux systèmes sociaux de leurs pays : protéger chaque minorité, « que s’ouvre au Moyen-Orient aussi, la voie vers le droit à la citoyenneté commune, qui est la route d’un nouvel avenir ». Comme pour dire que les Etats doivent reconnaître la même dignité à tous leurs citoyens tels qu’ils sont, quelles que soient leurs appartenances ethniques et religieuses.

Avant de partir, il ne pouvait manquer une pensée pour Jérusalem, « ville pour tous les peuples - a réitéré Jorge Bergoglio - ville unique et sacrée pour les chrétiens, les juifs et les musulmans du monde entier, dont l’identité et la vocation doivent être préservées au-delà des différentes disputes et tensions, et dont le statu quo doit être respecté selon les décisions de la communauté internationale et les demandes répétées des communautés chrétiennes de Terre Sainte. Seule une solution négociée entre Israéliens et Palestiniens, fermement voulue et favorisée par la Communauté des Nations, pourra conduira à une paix stable et durable et garantira la coexistence de deux Etats pour deux peuples. »

Venus d’Orient

Le 7 juillet, de nombreux ecclésiastiques ont accepté la proposition du pape François de se rencontrer à Bari. Le patriarche œcuménique Bartholomée I est arrivé d'Istanbul et le patriarche copte d'Alexandrie, le pape Tawadros II, du Caire ; ils ont déjà rencontré le pape François à plusieurs reprises et ont avec lui une relation fraternelle de cordialité spéciale.

Etaient également présents, le patriarche grec orthodoxe d'Alexandrie et de toute l'Afrique Theodoros II, l'archevêque Nektarios d'Antedone, représentant le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, Theophilos III ; le métropolite Hilarion de Volokolamsk, représentant le patriarche de Moscou, Kirill ; le patriarche orthodoxe syrien d'Antioche et de tout l'Orient, Ignace Ephrem II ;  l'évêque de l'Église arménienne du Royaume-Uni et d'Irlande, Hovakim, représentant le patriarche suprême Karekin II et le catholicos de Cilicie des Arméniens, Aram Ier. L'Eglise assyrienne d'Orient était représentée par le patriarche Mar Gewarghis III.

Les Eglises catholiques orientales étaient représentées au plus haut niveau par le patriarche copte Ibrahim Isaac Sidrak ; le syrien Ignace Youssef III ; le cardinal maronite Béchara Boutros Raï;  le cardinal chaldéen Louis Raphael Sako, le cardinal arménien, Grégoire Pierre XX Ghabroyan et l'Archevêque Jean-Clément Jeanbart, d'Alep, représentant le patriarche Youssef Absi.

L'Église latine du Moyen-Orient était représentée par l'archevêque Pierbattista Pizzaballa, Administrateur apostolique du Patriarcat de Jérusalem. Il a été chargé du rapport introductif de la réunion à huis clos tenue dans la Basilique de Saint-Nicolas après la prière commune sur le front de mer.

De Jérusalem, le nouvel évêque luthérien de Jordanie et de Terre Sainte, le Dr Sani Ibrahim Azar, a atteint la capitale des Pouilles. Le Conseil des Eglises du Moyen-Orient était représenté par le secrétaire général par intérim, la libanaise Souraya Bechealany, professeur de théologie à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth.

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