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Israël: les femmes ultra-orthodoxe dans l'armée?


par Paul Turban |  13 février 2018

Des hommes juifs ultra-orthodoxes participent à une manifestation contre le recrutement de jeunes filles religieuses dans l'armée israélienne, dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem le 12 février 2018. ©Yonatan Sindel/Flash90

On savait que les juifs ultra-orthodoxes ne voulaient pas faire l'armée, ils ne veulent pas voir non plus leurs sœurs et filles enrôlées, et manifestent contre une mesure du ministre N. Bennet en ce sens.


(Jérusalem) - Les juifs ultra-orthodoxes (Haredim) montent au créneau suite à la présentation d'un plan de Naftali Bennett, le ministre de l'Education, qui vise à promouvoir, entre autre, l'intégration des femmes dans l'armée, sans distinction des niveaux de religiosité. Une manifestation réunissant de nombreux Haredim s'est tenue à Jérusalem lundi 12 février et une campagne de protestation est lancée où de jeunes femmes sont invitées à se faire photographier avec des panneaux sur lesquels est inscrit « N'intervenez pas dans notre éducation ! / Nous croyons au service national. »

En effet, le ministre, dirigeant du parti nationaliste et sioniste « Le Foyer Juif », a proposé de financer des organisations de soutien et d'information destinées aux jeunes femmes, y compris ultra-orthodoxes, qui se rendent dans les lycées d'État religieux. Or, selon les juifs les plus conservateurs, cela va à l'encontre de leur interprétation de la loi juive, qui interdit aux femmes religieuses de s'enrôler. « Le ministère de l'Education dirigé par Shai Piron [durant 2013-2014] a réussi à comprendre qu'il n'était pas possible de faire rentrer à tout prix les perspectives d'avenir des jeunes filles dans un système politique et religieux qui ne correspond pas à leurs valeurs », a déclaré au Jerusalem Post Amital Bareli, directeur de Hotam, une organisation conservatrice.

Les juifs ultra-orthodoxes sont d'autant plus sensibles à ce sujet que le nombre de femmes ultra-orthodoxes qui rejoignent Tsahal, l'armée israélienne, ne cesse de croître. Pourtant, ils défendent bec et ongle la possibilité pour celles-ci d'être exemptées et font tout pour inciter les jeunes femmes à bénéficier de cette exemption. Ainsi, au courant de l'été 2017, une de leur proposition avait créé un tollé dans la classe politique modérée israélienne : ils voulaient rencontrer les jeunes élèves dans les écoles, sous le regard de leurs professeurs donc, pour recueillir une déclaration de religiosité qui leur permettrait d'être dispensées de service militaire. Une déclaration qu'elles peuvent faire, de leur plein gré, auprès des autorités, loin de tout regard indiscret. Un moyen de contrainte morale donc pour pousser les jeunes filles à renoncer, le cas échéant, à tout désir d'accomplir leurs devoirs militaires.

Cette mesure financière n'est qu'une goutte d'eau dans le plan du ministre sioniste Bennett visant à inciter les jeunes israéliens et israéliennes à rejoindre les rangs de l'armée pour « promouvoir l'éducation aux valeurs, l'éducation à l'amour de la terre ». Il propose notamment des visites de militaires dans les classes et des enfants sur les bases militaires, ou encore l'extension du programme facultatif Gnada préparant les étudiants dans certains lycées en vue de leur service militaire obligatoire. Pour le ministre, cela permettra d'« inculquer les valeurs sionistes » au même titre que les matières scolaires traditionnelles.

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