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L'Egypte veut rapatrier les corps des coptes tués en Lybie


par Christophe Lafontaine |  11 octobre 2017

Icone des martyrs coptes de Lybie © Tony Rezk

Les dépouilles des 21 « martyrs » coptes exécutés en Libye par l’Etat islamique (EI) en 2015 ont été découvertes dans un charnier près de Syrte, vendredi 6 octobre 2017. Le rapatriement des corps en Egypte est à l’étude.


Deux ans après leur martyre, les corps des chrétiens exécutés sur une plage de Libye ont été retrouvés. Le 7 octobre 2017, les autorités égyptiennes ont confirmé la découverte faite la veille par la police libyenne des corps des 21 coptes exécutés par le Groupe Etat islamique en Libye en février 2015. L’exécution avait profondément troublé les esprits après la parution de la vidéo barbare de Daesh filmant le martyre de ces chrétiens. Ils étaient tous vêtus d’une combinaison orange, agenouillés devant des hommes cagoulés et armés, prêts à les décapiter. C’est suite à la capture et aux aveux du caméraman de la vidéo relatant les exécutions qu’un charnier a été découvert par le GNA, le gouvernement d’union nationale de la Lybie, le 6 octobre dernier. Le procureur général libyen, al-Sadiq al-Sour, avait indiqué dès le 28 septembre 2017 avoir identifié le lieu où se trouvaient les cadavres. Depuis – pouvait-on lire dans l’appel adressé par les familles des martyrs au gouvernement – « tous ont commencé à prier en demandant à ce que les corps des martyrs puissent revenir bientôt en Egypte, au sein de leur Eglise, et qu’ils deviennent une bénédiction pour tout le pays. » Par ailleurs, un appel aux autorités égyptiennes pour le rapatriement rapide des dépouilles a été lancé sur les réseaux sociaux. Pour l’heure, les restes des corps des victimes ont été transférés à Misrata (cité portuaire de la Lybie) et confiées à un médecin légiste. « L'ambassade d'Egypte communique depuis vendredi avec les Libyens en coordination avec le ministère de la Défense égyptien pour assurer le rapatriement des corps vers l'Egypte », a précisé à l'AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères au Caire. Aucune date n’a été avancée pour un possible rapatriement vers leurs familles.

Les dépouilles - la tête séparée du corps - ont été retrouvées menottées et vêtues de ces funestes salopettes de couleur orange dans la région de Syrte au nord de la Lybie, sur la côte, non loin de là où le massacre avait été perpétré. Ville des bords de la Méditerranée située à 450 kilomètres à l'est de Tripoli, Syrte était devenue en 2015 le bastion de l'EI en Libye avant d'être conquise en décembre 2016 par les forces du GNA aidées des milices de la ville de Misrata.

Les victimes étaient  des ouvriers en bâtiment. Parmi elles, 20 égyptiens appartenaient à l’Eglise copte orthodoxe et un Ghanéen qui travaillait avec ce groupe. Selon certains, il se serait converti en au contact de la foi de ces collègues. Tous avaient été enlevés en janvier 2015 (peut-être fin 2014). Après cette exécution, des dizaines de milliers de ressortissants égyptiens qui travaillaient dans les secteurs de la construction, de l’agriculture et du tertiaire avaient fui la Libye.

Une « église des martyrs »

Toutes les victimes, tuées en raison de leur appartenance à la foi chrétienne, avaient été – quelques jours après leur assassinat - reconnues « saintes » par le patriarche copte Tawadros II. De fait, il les avait inscrits les 21 âmes dans le Synaxaire, forme orientale du Martyrologe romain pour l’Eglise copte. La procédure équivaut à la canonisation dans l’Eglise romaine. La date de leur fête correspond au jour où l’Etat islamique a diffusé la vidéo de leur décapitation. Leur mémoire est donc célébrée chaque année, le 8 Amshir du calendrier copte (15 février du calendrier grégorien), dans chacun des diocèses coptes d'Egypte, Jordanie et de Libye. Une icône avait aussi été très rapidement écrite par l’artiste égypto-américain Tony Rezk représentant les 21 chrétiens, portant l’étole rouge du martyre et placés sous des couronnes portées par les anges. « Ce sont pour nous aussi des martyrs: ils ont refusé d’abjurer leur foi, et sont morts en récitant le Kyrie eleison, ‘Seigneur, prends pitié’, avec le nom de Jésus sur les lèvres, jusqu’à leur dernier souffle », a confié l’évêque copte-catholique d’Assiout lors de son passage en Suisse fin septembre, rapporte le portail catholique Suisse cath.ch.

Quand les corps des vingt coptes seront rapatriés dans leur région d’origine, en Haute-Egypte, ils devraient sous toute vraisemblance être enterrés dans « l’église des Martyrs » en fin de construction dans le village d’El-Awar, dans le district de Samalout près d’Al-Minya en Haute-Egypte région d’où provenaient les vingt coptes décapités par Daech.

C’est le président al-Sissi qui a décidé de faire construire, aux frais de l’Etat, « l’église des Martyrs » Cela sera doublement symbolique, car beaucoup d’églises de la ville de Al-Minya avaient été détruites par les islamistes et les Frères Musulmans en août 2013.

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