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Jérusalem accueillait des réfugiés il y a plus de 2 500 ans


par Christophe Lafontaine |  9 septembre 2017

Un des rares sceaux complets retrouvés dans la "Cité de David". Il mentionne le nom Achiav ben Menachem ©Eliyahu Yanai, City of David

Des archéologues de l’Autorité israélienne des antiquités ont trouvé des sceaux d’argile indiquant qu’après la destruction du Royaume d’Israël (- 720 av. JC), les réfugiés se sont rendus dans le Royaume de Juda. Détails. 


Ironie de l’Histoire. A l’heure où l’Etat hébreu cherche une solution pour expulser des migrants illégaux, des archéologues expliquent qu’il y a environ 2700 ans, le Royaume de Juda a peut-être accueilli un grand nombre de réfugiés originaires du nord du pays. Le Royaume d’Israël. Ce sont les fruits d’une découverte faite cet été par une équipe de l’Autorité israélienne des antiquités, dirigée par les docteurs Joe Uziel et Ortal Chalaf. Les fouilles ont eu lieu dans la Cité de David qui serait l'emplacement d'origine de la vieille ville de Jérusalem à l'époque du roi David. Les objets mis à jour ont été temporairement exposés au public le 7 septembre lors de la 18ème conférence de recherche archéologique de la Ville de David.

C’est donc une dizaine de sceaux (« bouloth » en hébreu, pris du latin bulla), datant de l'époque du royaume de Juda (931 à 586 av. J.-C) qui ont été sortis de terre. Ayant servi à la vie commerciale à la période du Premier Temple (962 – 586 av. JC.), ces petites pièces d’argile servaient à assurer la fermeture des courriers et à les protéger. Ces sceaux représentaient souvent diverses images avant de passer, vers la fin de la période, à l’utilisation des noms des gens eux-mêmes. Les missives elles-mêmes n’ont pas été préservées.

Habituellement, les sceaux sont cassés et les noms sont donc difficiles à lire. Mais, fait rare, les sceaux qui viennent d’être découverts montrent en l’occurrence un mélange de noms de fonctionnaires provenant des royaumes d’Israël et de Judée. Si les sceaux offrent un aperçu des préoccupations de la vie de l’époque, ainsi que l'identité des personnes qui ont envoyé les messages, l’un d’eux – le plus intéressant - a attiré l’attention des experts. Il indique le nom israélite de « Ahiav ben (fils de) Menachem.» Une fusion, avec une petite modification orthographique, du nom de deux rois israélites, Ahav et Menahem. Evoquant deux rois du royaume d’Israël le sceau a  été cependant retrouvé dans la capitale du Royaume de Juda, Jérusalem. De plus, « nous avons trouvé une multitude de noms de personnes importantes qui vivaient à Jérusalem à l’époque du Premier Temple », explique le docteur Joe Uziel. Les archéologues ont notamment retrouvé le nom « Pinhas », qui est toujours usité de nos jours. Selon le docteur Ortal Chalaf, co-directrice des fouilles, ces noms israélites indiquent qu’il est possible qu’après la destruction d’Israël, les réfugiés aient fui le royaume pour le Royaume de Judée, et se soient installés à Jérusalem. Après leur installation, l’usage de leurs noms sur la correspondance officielle montre que ces israélites ont pris de l’importance dans l’administration de Judée, a rapporté Joe Uziel. « Ces noms font partie de la preuve qu’après l’exil des Tribus d’Israël, les réfugiés sont arrivés à Jérusalem depuis le royaume du Nord, et ont réussi à obtenir des rôles importants dans l’administration de Jérusalem », selon les deux co-directeurs.
Joe  Uziel a déclaré en outre lundi 4 septembre au Times of Israël que les sceaux ont été découverts ces derniers mois sur les versants orientaux de la Cité de David, à l’extérieur de l’entrée du Puits de Warren. De manière générale, explique-t-il, les sceaux « indiquent le système administratif bien développé du Royaume de Judée à l’époque de la fin du Premier temple ». « Vers la fin de cette époque, à partir de l’époque du roi Ézéchias (autour de 700 avant Jésus-Christ) et jusqu’à la destruction de Jérusalem, en 586 avant JC, les sceaux portaient les noms des clercs en typographie de l’hébreu ancien », selon l’Autorité israélienne des antiquités.

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